Trump et Poutine face à la propagande occidentale

Les carnets de Nicolas Bonnal

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Trump et Poutine face à la propagande occidentale

Les grands esprits se rencontrent mais plus autant que les petits.

Un bon dimanche, en Espagne. Petit déjeuner en terrasse. Tiens, jetons un coup d'œil au journal du jour : il y a abc, le ringard canard bourgeois que l'on distribue gratis dans tous les cafés en Espagne, mais je choisis Ideal, du centre-gauche européiste, bien politiquement correct comme il faut. Tournons les pages, voyons les pages internationales, alors que le vent se lève à notre table automnale.

Oh, comme c'est curieux, une page anti-Trump sur la page de droite. The Donald est encore accusé d'être un macho (ce n'est pas comme DSK ou Bill Clinton !), de dégoûter son parti républicain et d'être affreux. Heureusement, il baisse encore dans les sondages. Depuis le temps qu'il baisse dans les sondages, il doit être à -360%. Je ressors rassuré de ma lecture. C'est dans ce journal, Ideal donc, que j'ai lu il y a peu que l'électorat de Trump veut rétablir l'esclavage.

Je l'ai cru sur parole.

Page de gauche maintenant. Tiens, c'est curieux, une page anti-Poutine. Tout journal qui ne fait pas sa page russophobe quotidienne sera privé de subventions ; car qui achète encore ces torchons, à part quelques hôtels, les mairies et les bibliothèques municipales ?

Poutine dictateur est ici encore accusé de relancer tout seul la guerre froide. Il est accusé d'accuser sans preuve les USA d'avoir mené l'OTAN aux frontières russes (alors que c'est faux, on le sait tous !) ; d'avoir mis en doute les origines sincères et les bénéfices du grandiose printemps arabe, d'avoir mis en doute la beauté plastique du lynchage de Kadhafi ou de la révolution orange en Ukraine, sans oublier les guerres civiles un peu partout, livrées comme on sait par des mercenaires bien rétribués. Mais quel parano tout de même !

Ma femme me demande si je plaisante ; je lui fais lire mon Ideal, quotidien bien nommé (il a quand même dit une fois que le salaire médian est de 650 euros dans la province).

Je ressors quand même peu rassuré de ce brûlot car il semble bien que le journaliste (je dirais plutôt un agent maintenant, suite aux révélations de M. Ulfkotte en Allemagne) aux ordres ici ait peur des armes russes.

Que va-t-on faire ? Encore une guerre mondiale pour protéger l'autoproclamé monde libre ? En page seize du même journal, le courageux éconoclaste Joseph Stieglitz dit tout le mal qu'il peut de la politique de Merkel, de notre euro, de leur Europe bruxelloise. Et vous voulez mourir pour ça ?

La réponse est naturellement oui.

Tel est le rôle de la presse en Espagne. Je ne sais pas qui la lit à part moi (et c'est juste pour rire), et je ne pense pas que le peuple ici ou ailleurs ait envie d'une guerre contre la Russie pour protéger Hillary et ses fondations. Cette presse était plus libre jadis, mais les concentrations, la crise de 2008, Obama (toujours lui), la dette immonde ont rendu tout le monde bien soumis.

Citons un autre épisode. Dans la revue people Papel, un journaliste politiquement correct interviewe le champion du monde d'échecs – dans un gratte-ciel sans âme et cinq étoiles pour VIP. Il a vingt-six ans, il est norvégien (c'est un viking, dit l'article), il s'appelle Magnus Carlsen et il possède un beau QI de 186 qu'il entretient à coups de pizzas et de séries télé dans sa chambre d'hôtel.

Et voilà ce que tristement dit notre jeune génie (je traduis mot à mot) :

• J'ai dit un jour que je pensais du bien de Donald Trump ; que je le trouvais amusant ; qu'il n'utilisait pas d'arguments pour convaincre ; et que je trouvais étonnant qu'il nommât les choses par leur nom.

Aussitôt dit notre écolier se fit remonter les bretelles par la presse norvégienne et mondiale.

• Le lendemain, on annonce partout que Carlsen soutient Donald Trump... la pression est énorme... On ne peut plus rien dire à cause du politiquement correct. Je comprends pourquoi les grands sportifs espagnols refusent les interviews ou ne disent rien. C'est trop dangereux.

La liberté d'expression est en effet trop précieuse dans nos sociétés libres pour être tolérée. Quant aux petits esprits, ils se sont tellement multipliés grâce à la démocratie qu’ils ne peuvent que se rencontrer :Trump est foutu et la Russie doit payer.

Eh bien on va voir.

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