Purge anti-globaliste par inadvertance

Bloc-Notes

   Forum

Il y a 2 commentaires associés à cet article. Vous pouvez les consulter et réagir à votre tour.

   Imprimer

Purge anti-globaliste par inadvertance

Voici une thèse intéressante sur la Grande Purge saoudienne, avec adjonction de la crise Clinton-Brazile à “D.C.-la-folle”. Elle est développée par Jamie Wright, de Infowars.com et sans doute largement substantivée à partir d’informations et d’analyses de Roger Stone, un lobbyiste, stratège de tendance républicaine et homme d’influence de Washington qui s’est placé proche de Trump contre les démocrates. Stone, qui est cité une fois directement dans l’article de Wright, a sans aucun doute, en plus de son expérience des intrigues et des corruptions internes à “D.C.-la-folle”, une excellente connaissance des liens de corruption entre certains groupes et familles/“maisons” de l’establishment avec la maison des Saoud, notamment la maison des Clinton et la maison des Bush.

(Roger Stone [aucun lien avec le metteur en scène Oliver Stone] est un “homme d’influence” peu connu mais extrêmement actif à Washington, aux méthodes “peu orthodoxes” comme l’on dit, et certainement très brutales. Sa proximité de Trump n’est en rien une allégeance, Stone basant sa puissance sur une réelle indépendance statutaire, sur de nombreuses relations, sans doute sur la possession d’informations, de documents compromettants, etc. Netflix lui a consacré un documentaire mi-figue mi-raisin qui est tout de même une reconnaissance de sa puissance dans le domaine de la communication, Get Me Roger Stone. Il apparaît clairement que Stone a particulièrement partie liée avec Alex Jones et Infowars.com pour la diffusion de nouvelles et d’analyses de son cru.)

L’article mêle la crise interne du parti démocrate, avec la rébellion de Donna Brazile contre les Clinton, et la crise en cours en Arabie, avec l’énorme purge anti-corruption lancée par le fils du roi, Prince Mohamed Ben Salman (on dit désormais MBS), frappant une belle brochette de Princes et autres dirigeants. L’article présente le comportement de Brazile ainsi que son livre qui sort ces jours-ci et dont des extraits ont été publiés dans Politico.com et dans le Washington Post, comme l’avant-garde d’une manœuvre approuvée par l’establishment démocrate pour éliminer les Clinton et leur clique dont les turpitudes plombent affreusement le parti. En attendant, Brazile est seule au charbon et elle est violemment mise en cause par l’équipe de campagne d’Hillary Clinton, agissant par communiqué sur consigne de la patronne. Elle n’en poursuit pas moins.

Pour le côté saoudien, le même angle d’appréciation est choisi. On sait que l’interprétation générale est que cette Grande Purge, présentée comme une opération anti-corruption, a aussi sinon d’abord comme but d’affirmer et de verrouiller le pouvoir de MBS, qui est quasiment de direction centrale en raison de l’état de santé de son père, le roi Salman. L’appréciation est alors de constater que cette Grande Purge touche les relais et contacts saoudiens les plus “fidèles” des Clinton, et aussi des Bush qui sont dans le même circuit, avec le train de corruption extraordinaire qui suit. On en vient même à rappeler l’épisode de l’“exfiltration” des officiels saoudiens des USA juste après 9/11, “Prince Bandar”, dit “Bandar Bush” en tête... (Et, du coup, l’élimination de “Bandar Bush”, autour de 2013, apparaît, – sans qu’on l’ait voulu nécessairement et précisément dans ce sens mais soit, – comme un premier pas d’une élimination de toute une génération de corrupteurs-corrompus, autant du côté saoudien que du côté US.)

« ...Another significant development tied to Clinton’s downfall is the sudden purge of corrupt royalty in Saudi Arabia by King Salman, including ten princes and 38 senior cabinet members. It’s worth noting that Saudi Arabia accounted for 20% of the Clinton campaign’s funding in 2016. Among the royals arrested was billionaire and Clinton Foundation donor Al-Waleed bin Talal, best known for picking a fight with Trump on Twitter during the 2016 Presidential Election.

» It’s also well-known that the Bush and Clinton family are closely tied to each other, as W. Bush has referred to Bill Clinton as “a brother from another mother,” and they’ve worked together for years on initiatives like the Presidential Leadership Scholars program. Former Saudi Ambassador Prince Bandar was known as “Bandar Bush” due to his longtime friendship with George W. Bush. 

» The former president even helped Bandar get out the U.S. days after 9/11. “After he met on Sept. 13, 2001, with President Bush in the White House, where the two old family friends shared cigars on the Truman Balcony, the FBI evacuated dozens of Saudi officials from multiple cities, including at least one Osama bin Laden family member on the terror watch list,” reported the New York Post last year.  “Instead of interrogating the Saudis, FBI agents acted as security escorts for them, even though it was known at the time that 15 of the 19 hijackers were Saudi citizens.”

» Saudi Arabia’s purge of pro-Clinton royalty like bin Talal is more evidence that the old guard establishment is finished with the Clinton/Bush machine because their brand of globalism is failing. »

Considérés de ce point de vue, les événements d’Arabie Saoudite sont effectivement interprétés comme un coup d’arrêt imposé au “parti globaliste”, dont les Bush, les Clinton et leurs vis-à-vis saoudiens étaient de facto des membres éminents. Nul besoin d’une carte du parti ; la corruption dans les deux sens, de nature internationale et globalisée, et selon des politiques allant dans le sens de la globalisation et de la corruption globale qui en est le caractère principal, tout cela vaut toutes les cotisations du monde. D’où il apparaît comme une lumineuse évidence que la caractéristique essentielle de la globalisation, sans la moindre surprise nécessaire, c’est la corruption ; c’est la recette miraculeuse de “la globalisation heureuse” dont il est demandé aux peuples, et notamment aux Deplorables, de se montrer fort satisfaits sinon reconnaissants.

Quant à l’Arabie et à ses tourments actuels et néanmoins tout à fait extraordinaires, cette explication ne satisfait pas tous les commentateurs, et d’autres versions, beaucoup plus favorisées, circulent. On notera par ailleurs que ces différentes versions peuvent figurer dans l’explication générale d’une façon parallèle et conjointement, et notamment la rupture de certains liens de corruptions avec les Clinton-Bush qui s’explique d’ailleurs beaucoup mieux si elle est simplement l’effet secondaire d’une cause attachée à un but tout à fait différent. Ces explications différentes prennent beaucoup plus en compte la démission du premier ministre du Liban Hariri, de nationalité saoudienne, annonçée vendredi dernier par le titulaire au cours d’une visite en Arabie où il a l'habitude de prendre ses consignes, et depuis disparu des écrans-radar, peut-être bien retenu en détention en Arabie justement, l’homme-lige disparaissant de la scène comme on jette des eaux usées une fois qu’il a servi. Il s’agit bien de la gloire habituelle de la famille Hariri.

Les scénarios divers abondent donc, dans ce domaine plutôt de la géopolitique, comme le développe Adam Garrie, de TheDuran.com , avec deux scénarios principaux et complètement contraires se terminant par le constat que « dans les deux cas, Washington est perdant », – vieille habitude, désormais. Sur le même site, Alexander Mercouris favorise “la théorie du chaos” provoqué par la pure dégénérescence de la fourmilière Saoud, et se terminant par rien de moins qu’une bonne vieille guerre civile.

Alastair Crooke développait samedi la thèse, à partir du cas Hariri, d’une entente israélo-saoudienne pour tenter de renverser la situation syrienne, et notamment la montée en puissance du Hezbollah. Mais même dans cette hypothèse qui est la plus grave et la plus menaçante (pour la situation de la région), la prospective de Crooke n’est pas trop pessimiste selon l’habituel constat de cette étrange époque où la politique est faite de 10% d’action effective et de 110% de communication...

« Where is this taking the Middle East: to conflict? Maybe. But Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu is not noted for his audacity: he his noted more for rhetoric which often has proved empty; and Israeli security officials are being cautious, but both sides are preparing against the possibility of what Karagul calls a “great power showdown.” It looks, though – from this and other Turkish statements – as if Turkey will be with Iran and Iraq, and standing against America and Saudi Arabia.

» And President Trump? He is wholly (and understandably) preoccupied with the low-intensity war being waged against him at home. He probably tells Netanyahu whatever it is that might advance his domestic battles (in Congress, where Netanyahu has influence). If Bibi wants a fiery speech at the U.N. berating Iran, then, why not? Trump can then call on the trifecta of White House generals to “fix it” (just as he did with JCPOA, passing it to Congress “to fix”), knowing that the generals do not want a war with Iran.

» The danger is a “black swan.” What happens if Israel goes on attacking the Syrian army and industrial premises in Syria (which is happening almost daily) – and Syria does shoot down an Israeli jet? »

Nous terminerons cette affaire générale sur le constat habituel dans cette sorte de crises qui pullulent aujourd’hui et ne se terminent jamais, tout en ménageant des paroxysmes qui ne sont jamais décisifs : “Nous n’y comprenons rien”... Tant il est vrai que la seule réalité de cette affaire jusqu’ici est bien la conséquence indirecte et sans doute involontaire en tant que telle de l’endommagement de la scandaleuse compromission des canaux de corruption si bien huilés entre quelques Princes saoudiens et la très-grande maison Bush-Clinton. Cette incompréhension nous est dite par Sputnik.News, dans tous les cas par les experts interrogés :

« Not everyone is so sure the situation in Saudi Arabia is stable. “The kingdom is at a crossroads: Its economy has flatlined with low oil prices; the way in Yemen is a quagmire; the blockade of Qatar is a failure; Iranian influence is rampant in Lebanon, Syria and Iraq; and the succession is a question mark. It is the most volatile period in Saudi history in over a half-century,” Bruce Reidel, director of the Intelligence Project at the Brookings Institution, wrote in a column Sunday for Al-Monitor's Gulf Pulse.

» “I totally agree with that,” Nakhal said after Kiriakou read the Riedel excerpt. “In these past two days, it was practically impossible for us to understand what was going on,” she said. »

 

Mis en ligne le 7 novembre 2017 à 12H23

Donations

Nous avons récolté 1768 € sur 3000 €

faites un don