Pour les électeurs US, le “mot” NSA devient une insulte

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Pour les électeurs US, le “mot” NSA devient une insulte

La façon subreptice et sans tambour ni trompette caractérise l’évolution d'une campagne législative aux USA, qui se fait très loin de Washington et de son écho extérieur, à l’échelon des États de l’Union, souvent en circuit fermé, surtout pour la Chambre des Représentants (qui sera renouvelée en novembre prochain). Cela implique que de grandes tendances se développent sans qu’on y prenne garde, et parfois il y a des surprises. Ce pourrait être le cas du dossier de la NSA, qui évolue vite aux USA, dans le cadre de cette campagne. En gros, il s’agit d’une “fatigue NSA”, d’un sentiment d’irritation jusqu’à l’excès devant le déversement sans fin des exploits de l’Agence ; ou, comme dit ce parlementaire, «in my district, and many others, NSA has become not a three-letter word but a four-letter wordfour-letterr world signigiant “insulte”...”

Ainsi, le reportage de McClatchy.News au Congrès, particulièrement à la Chambre des Représentants et dans sa Commission judiciaire, fait apparaître ce sentiment, jusqu’à l’extrême exprimé par le titre : «Some in Congress see just one option for NSA spying: Scrap it» (le 5 février 2014) :

«Democrats and Republicans on the House Judiciary Committee blasted the government’s bulk collection of Americans’ telephone records on Tuesday and said it’s a misuse of authority granted by Congress under the Patriot Act. “Congress never intended to allow bulk collections,” said Rep. Jim Sensenbrenner, R-Wis., author of the 2001 Patriot Act. Debate is intensifying in Congress over whether to scrap the massive data collection effort or to modify it. There’s widespread skepticism among both parties over President Barack Obama’s plans for the program’s future and a desire for Congress to curb the National Security Agency.

»“In my district, and many others, NSA has become not a three-letter word but a four-letter word,” Rep. Doug Collins, R-Ga., said at a Tuesday hearing on the surveillance effort. Rep. John Conyers, D-Mich., said Congress needs to end the bulk collection. “Consensus is growing that it is largely ineffective, inconsistent with our national values, and inconsistent with the statute as this committee wrote it,” said Conyers, the top Democrat on the Judiciary Committee.

»An independent federal privacy board reviewed the spy program and said there was no evidence it had made a real difference in thwarting any terrorist operations. David Medine, who chairs the Privacy and Civil Liberties Oversight Board, told the Judiciary Committee on Tuesday that the program should come to an end. “We conclude the benefits of the program are modest at best and they are outweighed by the privacy and civil liberties consequences,” Medine said...»

Huit mois de débats (de “conversation”, disent-ils), de révélations en torrents et en cascades, d’énormités en énormités dans le chef des programmes sans fin de la NSA, tout cela finit par porter ses fruits. La NSA devient de plus en plus un fardeau, pour les citoyens bien sûr soumis à cette question de leur propre surveillance, pour les parlementaires qui sollicitent le soutien de leurs électeurs et à qui ces électeurs jettent le cas de NSA comme on jette une insulte, pour lequel eux-mêmes (les parlementaires) n’ont aucun argument à avancer, et d’ailleurs pour beaucoup convaincus jusqu’à souvent avoir la même position que ces électeurs. La NSA a trop présumé des forces de ceux qu’elle prétend soumettre à sa surveillance, comme de ceux dont elle jugeait leur complicité acquise.

Si la campagne se poursuit comme elle a démarré, – et rien, absolument rien ne fait penser le contraire, – il n’est pas du tout impossible que l’on ait, en novembre prochain, et ensuite à l’ouverture du nouveau Congrès en janvier 2015, de très mauvaises surprises en préparation pour la NSA. La fatigue psychologique imposée par la tension de cette crise, l’énormité des activités de la NSA, la faiblesse des résultats de l’Agence en comparaison, l’ampleur des menaces théoriques que font peser ses activités sur la vie publique US, tout cela pourrait conduire à un “retour de flamme” radical venant du Congrès, dans une période (à partir de janvier 2015) où le président Obama sera bien entendu devenu complètement impotent du point de vue de son pouvoir et de son autorité à cause de la proximité de la fin der son mandat. Le terrain sur lequel la NSA a bâti subrepticement son empire est en train de s’effriter dangereusement.


Mis en ligne le 5 février 2014 à 13H56

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