Les Marines face à la “guerre sociétale”

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Les Marines face à la “guerre sociétale”

La rage de William S. Lind, grand prophète, concepteur et visionnaire de la “Guerre de 4èmeGénération” (G4G), est palpable dans les deux textes qu’il consacre à l’“affaire Mainz” (on trouve l’un des deux ci-dessous). Mainz est, ou “était” devrait-on plutôt écrire, un lieutenant-colonel du Corps des Marines qui a été sanctionné d’une façon extraordinairement sévère, perdant son commandement et voyant sa carrière brisé, pour avoir prononcé en public une phrase contenant un mot jugé homophobe et par conséquent sacrilège : “faggot” (en argot, équivalent de “pédé” ou de “tapette”, selon votre humeur). Ce qui rend Lind fou de rage c’est qu’aujourd’hui, dans le Corps des Marines comme dans les autres armes des forces armées US, la première priorité c’est l’alignement sur le Politically Correct, – ou peut-être pourrions-nous dire, pour être au goût du jour, le “sociétalement correct”. Cette situation affecte les capacités de combat jusqu’à un point que ce commentateur juge très dangereux, et dans tous les cas comme le produit d’une véritable subversion qui attaque toutes les structures sociales, jusqu’à celles réputées les plus solides.

Mainz est connu dans le Corps des Marines, témoigne Lind qui l’a eu comme élève alors que Mainz était capitaine, comme un de ses plus brillants officiers arrivant au niveau de commandement, et tout le monde voyait pour lui, jusqu’à cet incident, le plus brillant avenir dans les structures de commandement du Corps. Comme l’a dit à Lind un autre lieutenant-colonel des Marines à propos de la sanction prise contre Mainz : « La dernière lumière qui brillait dans l’obscurité vient de s’éteindre. » Dans son (autre) article, pour The American Conservative, Lind décrit ainsi l’incident :

« Qu’est-ce qui conduit le Corps des Marines à dévorer sa propre capacité de rajeunissement ? La réponse se trouve dans la couardise morale que la plus haute direction du Corps des Marines (et de celles des autres services) montre face au “politiquement correct”, c’est-à-dire au Marxisme culturel

» Selon ce qu’on m’a dit, Mainz parlant à ses Marines aurait écarté avec mépris toutes ces tâches administratives qui prennent tant de ce temps qui devrait être consacré à l’entraînement au combat, disant quelque chose comme “On ne  va pas perdre notre temps avec ce truc de tapette”. Un Marine a émis une objection sur l’emploi du mot “tapette” et un brigadier général a ordonné que Mainz soit relevé de son commandement. Bien entendu, on ne peut discuter le fait que l’expression était malheureuse et inappropriée. Une sanction proportionnée aurait dû être prise. Mais détruire la carrière d’un des meilleurs chefs d’unité du Corps pour un lapsus linguae de cette sorte est complètement ridicule. Cette incartade de langage doit-elle faire disparaître tout ce que ce chef méritant a accompli de bien – et tout son avenir potentiel dans un Corps des Marines qui a besoin de chefs ?  Et le Corps des Marines veut-il réellement instiller de telles craintes chez ses meilleurs officiers, jusqu’à leur faire perdre leur force et leur orgueil ? [A noter : l’explication officielle des Marines pour la punition subie par Mainz est qu’elle est “justifiée par une perte de confiance et de con,viction dans sa capacité de continuer à commander son bataillon”]. »

Il s’agit à la fois d’un accident anecdotique dont la substance est quasi-nulle, et d’autre part le signe d’une situation gravissime qui touche les forces armées US, – et, sans doute, les forces armées des pays du bloc-BAO où règne désormais une dictature sociétale de fer. Pour les USA, l’importance de la chose est considérable dans la mesure où la forme, le conformisme, le respect des coutumes sociales (sociétales dans ce cas) qui sont extrêmement forts, se greffent sur une discipline de comportement devenue extrêmement importante. Selon Lind, les chefs militaires sont également reconnus comme dépendant de plus en plus des grands courants de communication du Système, très sensibles à la corruption psychologique et aux influences des divers pouvoirs civils et de la communication. Du coup, les courants sociétaux avec les codes qu’ils imposent, les respect des quotas, les questions de genre, etc., prennent une importance absolument considérable et affectent dans une mesure similaire les capacités combattantes de forces qui rencontrent par ailleurs, on le voit aujourd’hui, des problèmes tout aussi considérables.

William S. Lind, théoricien de la G4G, conservateur traditionnaliste qui ne se dissimule en rien, espère que l’“affaire Mainz” fera assez de bruit pour qu’on puisse revoir la sanction décidée contre l’officier, mais il juge surtout que se pose désormais la question bien plus importante des priorités au sein des forces armées : « Cette question bien plus importante est la suivante : comment le Corps des Marines (et nos autres services, qui souffrent du même problème) doit-il faire pour rétablir sa tâche de la préparation à la guerre comme sa priorité absolue, alors qu’elle semble être devenue une priorité secondaire [derrière le respect des normes sociétales] ? »

En inscrivant à cette occasion le mouvement sociétal dans le courant qu’il désigne comme le “Marxisme culturel”, Lind marque bien ce qu’il juge être comme le potentiel subversif considérable de “la guerre sociétale” qui est aujourd’hui conduite dans nombre de domaines. L’emploi du mot “Marxisme”, plus ou moins justifié selon les circonstances et les jugements qu’on porte, est effectivement d’une grande force de signification subversive par rapport à la mémoire qu’on garde de la chose tout au long du XXème siècle.

On peut considérer que c’est un autre aspect, finalement d’une importance assez similaire lorsqu’on mesure l’importance accordée aujourd’hui dans l’exercice du pouvoir au fait sociétal, de la crise des forces armées US que l’on décrit par ailleurs dans l’un ou l’autre texte du jour. Dans ce cas, il ne s’agit plus d’une spécificité américaniste, agissant dans le sens voulu par le Système, et entraîné par le Système dans les erreurs propres à l’américanisme. Il s’agit au contraire d’une subversion voulue par le Système lui-même, dans sa recherche de déstructuration et de dissolution, cette fois avec les forces armées considérées, non pas comme un outil de cette subversion mais comme une cible de cette subversion. Une fois de plus et sans plus susciter le moindre étonnement, on peut observer combien la situation ne manque pas de contradictions.

Ci-dessous, on peut lire le texte de William S. Lind du 11 août 2018, sur le site TraditionalRight où il publie épisodiquement sa chronique View From Olympus. Lind renvoie également à son texte dans The American Conservativedu 25 juillet 2018.

dedefensa.org

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The Mainz Affair

Earlier this summer the Marine Corps relieved its best battalion commander, Lt. Col. Marcus Mainz, because in speaking to his Marines he used a politically incorrect word.  Far from being an isolated incident, this militarily idiotic act – gifted trainers and combat leaders are any military service’s most precious and most rare assets – reflects a general moral cowardice in the face of political correctness on the part of senior American officers. That, in turn, feeds the unfortunate reality that throughout our armed services, including the Marine Corps, preparing for war is the lowest priority. For more discussion of the Mainz Affair see my column at The American Conservative.

The Marine Corps’ leadership undoubtedly hopes the Mainz Affair will go away if they ignore their blunder long enough. I don’t think that will happen. Internally, Lt. Col. Mainz deservedly had a large following among Marines of all ranks who take preparing for war seriously. They are not taking his relief with silent resignation. I have never seen such push-back from junior and field-grade officers against a decision by Headquarters Marine Corps.

Externally, the obvious injustice of his relief (which ends his career) and the fact that President Donald Trump won his office by defying the great clay god, political correctness, not groveling to it, suggest the Mainz Affair has a ways to run. I would not be surprised if either the Office of the Secretary of Defense (OSD), the White House, or both got involved, and Capital Hill may also join in. Not everyone in Washington is a coward in the face of cultural Marxism.

So what should be done? A just resolution of the Mainz Affair requires three actions:

1. Give Lt. Col. Mainz his battalion back, with additional command time added to make up for that which he lost

2. Identify every officer above Lt. Col. Mainz who proposed or concurred in his relief and relieve them all simultaneously. The Russians call this “the vertical stroke” and it gets a bureaucracy’s attention. It is important to go all the way to the top – if necessary, up through the Commandant. It is hard to believe he did not have to approve Lt. Col. Mainz’s relief.

3. Headquarters Marine Corps should issue a statement that the Marine Corps does not attempt to dictate the personal political views of individual Marines. Like any other American citizens, they retain the freedom to make up their minds on political questions. Those include questions about race, gender, and sexual politics. A Marine, or any other federal employee, is free to adopt or reject any ideology (conservatives reject them all).

 These actions would resolve the Mainz Affair. But while they would send some powerful signals on the larger question, they would not be sufficient to resolve it. That larger question is, how does the Marine Corps (and our other services, who suffer from the same problem) make preparing for war its top priority instead of the lowest?

The single most effective action would be to mandate that, say, 60% of all training time must be devoted to free-play exercises, exercises where a serious opponent is allowed to do whatever he can to win. That means the T&R Manual, which now eats up all the training time and reduces all training to rote procedures and techniques, is restricted to 40% of total training time. This action would be fully consistent with Marine Corps doctrine (though at present few Marines ever see any).

Once this is all done, training time should be increased by reducing the time devoted to “sexual harassment awareness”, “alcohol awareness” (I’ve usually found Marines aware of alcohol), and the rest of such crap better suited to a finishing school than to a military service. In addition, “dog and pony shows” should be replaced with genuine military exercises where the opponent is large enough to be a serious challenger and is unrestrained.

This effort at training reform should be headed by a Marine who has demonstrated creativity in training his own unit and a willingness to cut “the faggot stuff” to make training for war the top priority. After he completes his tour as a battalion commander, I nominate Lt. Col. Marcus Mainz.

William S. Lind

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