L’Arabie et la tactique de l’internement psychiatrique

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L’Arabie et la tactique de l’internement psychiatrique

Il y a d’abord l’intervention de Prince Turki Al Faisal bin Abdulaziz Al Saud à la conférence de Munich, ex-Wehrkunde, où le gratin de la pensée stratégique du bloc BAO vient chaque février déposer son obole à la progression de notre contre-civilisation triomphante. (On y adjoint chaque année quelques appendices extérieures pour montrer que ROW [Rest Of the World] existe ; cette année le Prince et le boxeur ukrainien chef de l’alternative démocratique pour le clan des gentils de ROW, et quelque vague ministre ukrainien et le bulldozer Lavrov pour le coin sombre des méchants.) Le site Bruxelles 2 rapporte (le 2 février 2014) l’intervention de Prince Turki, plutôt dans un mode presque extatique puisque le prince a signalé l’exceptionnelle exception française, utilisant l’image du «J’accuse» qui fit la gloire fin-de-siècle et Belle-Époque de Zola, en égrenant la liste sans fin des accusés. (Si on fait le compte, tout ROW, à part la France et l’Arabie.)

«Citant Emile Zola, [... Prince Turki] a pointé le doigt sur le régime de Bachar. “Je l’accuse de génocide et crimes contre l’humanité”. Durant plusieurs minutes, il a répété ce “J’accuse” arabe, envers les Etats soutiens de ce crime “l’Iran” tout comme “la Russie”, ainsi que “la Chine qui suit la Russie”. Dans cet inventaire, il n’a pas aussi négligé la communauté internationale et l’Occident en particulier qu’il a accusé d’inaction et “d’indifférence”. A une “exception : la France” a-t-il cité…»

Ces “accusés” selon Prince Turki sont-il des “terroristes” ? Sans aucun doute, répond Russia Today le 3 février 2014, citant cette Arabie qui promulgue des lois nouvelles définissant le forfait de “terrorisme” selon une démarche extrêmement libérale, sinon globalisante pour le territoire psychiatrique couvert. Ces lois prévoient une sorte de “garde à vue” à des degrés divers, allant de 90 jours à 6 mois, renouvelable de 6 mois, ce qui assure un certain espace pour la compréhension mutuelle interrogateur-interrogé. Les comportements assimilables à du terrorisme couvrent l’essentiel des activités quotidiennes considérées d’un certain point de vue (celui des princes) et organisent une situation à égale distance entre Ubu et 1984, avec escale éventuelle dans le Gitmo selon BHO

«It defines terrorism as “any act carried out by an offender … intended to disturb the public order…to shake the security of society… stability of the state… expose its national unity to danger… suspend the basic law of governance or some of its articles,” according to its text as cited by Human Rights Watch (HRW). Terrorists can also be considered those individuals who “insult the reputation of the state or its position… inflict damage upon one of its public utilities or its natural resources,” or those who attempt to force “governmental authority to carry out or prevent it from carrying out an action, or to threaten to carry out acts that lead to the named purposes or incite [these acts].” [...]

»Internet surveillance and phone tracking are also allowed under the new legislature, as well as the right for the security services to raid the homes of suspected terrorists, without prior approval from a judge. People suspected of financing terrorist activities could also be prosecuted. The interior minister, rather than any judge, is empowered to suspend sentences or drop charges and release a person on trial... [...]

»Saudi activist Abdulaziz Al Shubaily from the Saudi Association for Civil and Political Rights (HASEM) described the law as a “catastrophe”. “If I call for the release of someone from jail for being held longer than their sentence, I can be tried for “asking the state to take action,” Shubaily said. “When I call for a constitutional monarchy, I can now be charged with terrorism.” “They characterize you as a terrorist because you ask the kingdom to do something it does not want to do,” he added.»

L’Arabie est désormais l’interlocuteur privilégié de la France au Moyen-Orient. Prince Turki ou quelque autre Prince disponible et notre président-poire pourraient éventuellement s’installer à Sainte-Anne pour discuter des vertus respectives du mariage gay, des aventures du capitaine Dreyfus au tolérant royaume d’Arabie, et du danger terroriste qui menace les pèlerinages pacifiques (financés par l'Arabie) d’al-Qaïda et de Prince Bandar en Syrie et aux Jeux Olympiques de Sotchi. Ensuite, ils coifferont chacun leur entonnoir et iront faire leurs dévotions à la Mecque, Place de la Bastille.


Mis en ligne le 3 février 2014 à 12H47

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