La politique russe de l’Allemagne: le vide, comme partout à l’Ouest

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L’Allemagne connaît aujourd’hui de délicats problèmes en matière de politique extérieure, mais plutôt d'une façon exemplaire de la position occidentale en général que spécifiquement. Après l’Afghanistan, voyons les rapports avec la Russie, au moment où, aujourd’hui, Merkel rencontre Poutine. Les mêmes caractères apparaissent: une paralysie complète entre des exigences contradictoires, avec, notamment, le mélange des nécessités stratégiques et l’arrogance occidentale en matière de “politique moralisatrice” (droits de l’homme, démocratie et tout le toutim).

Un article de l’International Herald Tribune nous fait aujourd’hui un tableau consternant de la chose.

«As Chancellor Angela Merkel of Germany and President Vladimir Putin of Russia hold official talks Monday in this southern city, analysts say that Berlin's attempts to forge a new policy toward Russia to bind it to Europe is close to tatters.

»Merkel, unwilling to pursue the same pro-Russian policies as her predecessor, Gerhard Schröder, has adopted a more confrontational stance toward the Russian leadership. She put a brake on the new Ostpolitik, much to the anger of the German business community but to the relief of several of the new EU member states from Eastern Europe.

»“Germany used to be an active mediator between Russia and the West,” said Alexander Rahr, director of Russian policy at the Germany Council on Foreign Relations, who has very close contacts with the Kremlin. “Merkel is now just a passive player, and this means there is no European strategy toward Russia.”

»Germany has lost this role partly because of Merkel's own outlook: she was raised in Communist East Germany and has made the defense of human rights the core of her foreign policy. In her weekly video-podcast, she acknowledged Sunday there were problems between Berlin and Moscow over the rule of law and foreign policy.

»Such a tone was never struck by Schröder, a Social Democrat. He made business the center of his political relationship with Putin, with whom he developed a close friendship. But Merkel, a Christian Democrat, has repeatedly challenged Putin's record on human rights and press freedom, even if it means offending the business community.

»“There is a new setting now,” said Peter Schulze-Lemgow, a political science professor and Russian expert at Göttingen University. “On the political level, the continuity between the German and Russia leaders has really changed. There is a qualitative change of style in the relationship. If you ask if Ostpolitik is dead, let's say we are entering a new reality.”»

La situation est donc résumée par une addition de contradictions. L’Allemagne doit entretenir et développer une relation stratégique avec la Russie, qui doit inspirer une politique européenne à cet égard. En même temps, elle doit plaire aux pays européens de l’Est, entrés récemment dans l’UE et dont on connaît l’hostilité viscérale à l'encontre de la Russie; en même temps, elle doit répéter son catéchisme sur les droits de l’homme et la démocratie, qui irrite les Russes et les conduit à l’intransigeance. Le résultat est le discrédit allemand à la fois comme partenaire de la Russie et meneur européen des rapports de l’EU avec la Russie. Ce jugement résume la chose : “Merkel est désormais un acteur passif et cela signifie qu’il n’y a pas de stratégie européenne pour la Russie.”

L’Allemagne n’est pas une sacrifiée, un bouc-émissaire ou une aveugle dans cette question des rapports avec la Russie. Elle ne fait que dupliquer une politique occidentale vis-à-vis de la Russie, qui semble devenue un stéréotype que plus personne n’est capable de mettre en cause. On l’a vu encore à la fin de la semaine dernière avec la réunion USA-Russie sur les anti-missiles.


Mis en ligne le 15 octobre 2007 à 12H06

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