La disette, stade ultime de la crise-Système

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La disette, stade ultime de la crise-Système

26 novembre 2012 – L’évolution de la crise générale et d’effondrement du Système doit être prise dans sa globalité, c’est-à-dire touchant tous les domaines, même les plus primitifs, qu’on jugerait à première vue les plus inattendus. Il est absurde, sinon intellectuellement pervers, ou bien fait dans une intention tactique faussaire évidente, de “réduire” cette crise à ses composants divers en les étudiant séparément, avec le résultat d'occulter complètement la signification fondamentale de la crise.

Il est essentiel d’envisager les phénomènes qui nous importent dans leur appartenance à la globalité et dans leur intégration dans la situation générale. Il importe donc de bien comprendre ceci que ces précision sur “la crise nutritionnelle” au Royaume-Uni, sujet de ce F&C, fournissent en fait un exemple de plus de l’extrémité dissolvante et entropique de la crise. Notre texte F&C du 23 novembre 2012 proposant l’idée que nous entrons, par analogie avec la Révolution, dans l’époque de la Terreur (1793), est largement conforté par ce que nous découvrons aujourd’hui de la situation de la nutrition, – la situation de la faim, ou de la disette potentielle, – dans un pays si complètement symbolique de la modernité, si conscient et si fer de l’être, qu’est le Royaume-Uni.

• Le 18 novembre 2012, le Guardian annonçait, sous l’expression extraordinairement bureaucratique développée pour masquer la réalité tragique, que le Royaume-Uni se trouve dans une situation de “récession nutritionnelle”, selon le principe des vases communicants bien connu de nos doctrinaires entre le développement inégal des revenus et la catastrophe civilisationnelle que nous voyons s’étendre chaque jour, – «…nutrition recession as food prices rise and incomes shrink». («Austerity Britain is experiencing a nutritional recession, with rising food prices and shrinking incomes driving up consumption of fatty foods, reducing the amount of fruit and vegetables we buy, and condeming people on the lowest incomes to an increasingly unhealthy diet.»

• Le 23 novembre 2012, toujours dans le Guardian, Ian Jack trouvait “choquant” (“shocking, indeed”) cette “crise nutritionnelle” et, surtout, le fait que le gouffre entre les riches et les pauvres, du point de vue de la nutrition, est pire aujourd’hui que dans les années 1930 (temps de la Grande Dépression), lorsque George Orwell écrivait The Road to Wigan Pier, où il dénonçait cette situation.

«Britain is facing a crisis of nutrition. Evidence published in the Guardian this week suggests rising food prices and falling incomes are reducing our intake of fresh fruit and vegetables and increasing our consumption of processed foods: out with oranges and lettuce, in with instant noodles, coated chicken, tinned pies and pizza, with predictable consequences of ill health and obesity. Those most affected are the poor, though "food poverty" affects families that are far from Britain's poorest. The Guardian interviewed a Bristol couple with two young children and a household income averaging £24,500 a year: the wife found it “a constant struggle just to buy enough food to fill our stomachs”. […]

»One of the most famous lists in literature occurs in The Road to Wigan Pier, when George Orwell asks an unemployed miner and his wife to write down what they spend in a typical week. They have two children, aged two and 10 months. From a state benefit of 32 shillings (£1.60), half goes on food. Orwell notes that they spend twice as much on sugar as on green vegetables, and nothing on fruit. The basis of their "appalling" diet is white bread and margarine, corned beef, sugared tea and potatoes. Healthier ways of eating for the same money are certainly possible, writes Orwell, reproducing the diet of a letter-writer to the New Statesman, who claims that for four shillings (20p) a week he has a diet that includes three whole-meal loaves, 10 oranges and two pounds of dates. But in Orwell's phrase, the “peculiar evil” of poverty, when it comes to diet, is that the less money you have, the less inclined you are to spend it on “good wholesome food”. You want something “tasty” – ice cream, a hot bag of vinegary chips, a nice cup of tea.»

• Pour faire bien comprendre l’universalité du phénomène, nous rappelons ce texte que nous citions, dans ce même F&C déjà référencé du 23 novembre 2012. Il s’agissait de question des “food stamps” aux USA, notamment dans un texte de Examiner.com. Nous en rappelons ce passage, avec les termes employés qui nous paraissent les plus significatifs, soulignés en gras :

«…The picture is even bleaker because more people probably qualify for food stamps. According to Social Security Administration figures, about 75 million Americans are living at or slightly above the poverty line. Factor in soaring food prices and drought conditions we have a recipe for a famine. There’s another word for it: Genocide.

»Recent news reports outline proposed cuts to the food stamp program at a time when enrollment is record levels. Whether you believe cutting food stamps is good or bad, one thing is certain. We have a humanitarian crisis of epic proportions waiting on the horizon.»

Il s’agit évidemment d’un aspect extrêmement peu abordé des crises économiques en général, dont l’appréciation est en général laissée dans le bloc BAO au seul domaine des économistes. Le coût humain des crises du à un affaiblissement fondamental de tous les facteurs de la subsistance est toujours perçu, – et d’ailleurs implicitement présenté dans ce sens, – comme extrêmement indirect jusqu’à ne plus guère avoir de lien avec les crises et, comme tel, tendant à être classé dans une catégorie démographique générale de l’évolution sociale où l’on ne signale aucune responsabilité particulière du Système... Le rapport de cause à effet, – dans ce cas, entre la crise fondamentale du Système, et par conséquent du capitalisme, et les problèmes humanitaires de nourriture de la population, – est toujours dilué dans la dialectique pseudo-scientifique des statistiques, allant du PIB au chômage. Cela permet d’éviter des polémiques désagréables pour la bonne tenue de la doctrine et de la religion capitalistes.

Justement, voici une de ces polémiques oubliées… Nous avons retrouvé dans nos diverses archives une thèse particulièrement intéressante. Il y a quelques années, un peu avant la grande crise de l’automne 2008 et alors que les signes de crise se multipliaient, un chercheur russe, économiste et démographe, Boris Borisov, publia un article sur les pertes humaines durant la Grande Dépression aux USA, dues selon lui à la malnutrition, voire à la disette dans certaines parties du pays. La publication de la thèse engendra une polémique intéressante, d’après ce qu’il est suggéré. (Nous n’avons, de notre côté, aucune indication donnant une appréciation impérative à ce propos, mais le sérieux, le détail et la documentation des explications de Borisov sont remarquables.)

Parmi d’autres, nous indiquons un article de l’époque qui en rend compte, ainsi, bien sûr, que des chiffres déterminés par le chercheur de 7 millions de personnes mortes aux USA des suites directes et indirectes de la Grande Dépression. L’article a paru sur le site Prava.ru, le 19 mai 2008.Voici quelques extraits de l’article, qui donnent une idée de la thèse.

«Another online scandal has been gathering pace recently. Wikipedia, the free encyclopedia, deleted an article by a Russian researcher, who wrote about the USA’s losses in the Great Depression of 1932-1933. Indignant bloggers began to actively distribute the article on the Russian part of a popular blog service known as Livejournal. The above-mentioned article triggered a heated debate.

»The researcher touched upon quite a hot topic in the article – the estimation of the number of victims of the Great Depression in the USA. The material presented in the article apparently made Wikipedia’s moderators delete the piece from the database of the online encyclopedia. The researcher, Boris Borisov, in his article titled “The American Famine” estimated the victims of the financial crisis in the US at over seven million people. The researcher also directly compared the US events of 1932-1933 with Holodomor, or Famine, in the USSR during 1932-1933…»

Les conséquences de notre système capitaliste conduisent d’ailleurs à une destruction de la population également par des voies supplémentaires, complétant la grossière disette, qui fait parfois désordre. Ces voies supplémentaires, plus modernistes, se situent dans l’accélération exponentielle de la consommation des aliments sordides de toxicité et totalement destructeurs de la santé que l’industrie alimentaire du Système développe avec un appétit proche de l’avidité. Il s’agit d’une autre méthode, plus moderne, plus sophistiquée, dont on connaît les ravages. Le même article du Guardian du 18 novembre 2012 signale cela…

«Detailed data compiled for the Guardian, which analysed the grocery buying habits of thousands of UK citizens, shows that consumption of fat, sugar and saturates has soared since 2010, particularly among the poorest households, despite the overall volume of food bought remaining almost static. Food experts and campaigners called for government action to address concerns the UK faces a sustained nutritional crisis triggered by food poverty, which is in turn storing up public health problems that threaten to widen inequalities between rich and poor households.

»The data show consumption of high-fat and processed foods such as instant noodles, coated chicken, meat balls, tinned pies, baked beans, pizza and fried food has grown among households with an income of less than £25,000 a year as hard-pressed consumers increasingly choose products perceived to be cheaper and more “filling”.Over the same period, fruit and vegetable consumption has dropped in all but the most well-off UK households, and most starkly among the poorest consumers, according to the data. It estimates the number of people who regularly achieve the “five-a-day” fruit and vegetable guideline has declined by 900,000 over the two years to May 2012.»

La Terreur continuée

Il y a toute une école, qu’on qualifierait de complotiste pour faire bref mais sans nécessairement de nuance péjorative dans cette occurrence, pour estimer que le Système, sous la forme de l’une ou l’autre officine ou organisation globaliste du genre, prépare, ou réalise déjà, une forme de génocide, notamment par l’alimentation restreinte ou hors de prix et la forme de l’alimentation, pour diminuer radicalement la population et ainsi ne mettre aucunement en péril grave la marche de la doctrine économique dominante. On comprend combien cette comparaison entre la Grande Dépression et la Grande Famine d’Ukraine des années 1930 constitue pour ce genre de thèses un argument de premier choix. D’autre part, cette même comparaison constitue évidemment, pour la bonne réputation du Système une idée monstrueuse, abominable, sacrilège, etc. Par ailleurs, il faut observer que la logique et les développements de Borisov laissent en général une grande impression de sérieux. Le fait que l’économiste et démographe russe et sa thèse aient pratiquement disparu des références (notamment, référence-Système dites sérieuses) lorsqu’on consulte Google, avec ce qu’on sait de Google et de ses liens avec le Système, n’est pas particulièrement rassurant. On sait que le silence est la meilleure arme du Système lorsqu’il s’agit d’écarter une forme de pensée gênante.

Quoi qu’il soit, les diverses considérations évoquées plus haut, d’ailleurs à partir des faits bien réels et statistiques au Royaume-Uni, renforcent bien entendu l’image de Terreur que le Système tend de plus en plus à prendre dans la phase terminale de sa crise. (Image d’un Système dispensateur d’une activité historique de mêmes fondements déstructurants et dissolvants que ceux de la Terreur, selon les référence de la Révolution française, comme on l’a proposé le 23 novembre 2012.)

Comme il doit être bien entendu, ces divers problèmes d’alimentation pouvant déboucher sur une crise majeure, avec les termes de “génocide“ et d’“holocauste“ proposés, sont provoqués non par des questions de disposition des matières nécessaires à la nutrition, mais par des processus, des procédés et des comportements subversifs et déstructurants-dissolvant propres au Système : inégalité des revenues, spéculations, gangstérisme pur et simple (crime organisé) dans certains cas, gestion des flots de nourritures selon les seuls intérêts des producteurs, au mépris des besoins même urgents de la population.

Il est vrai que les méthodes de l’OGPU entre 1932 et 1937, suscitant et accélérant la Grande Famine d’Ukraine, n’étaient guère différentes. Les intérêts économiques étaient aussi présents, ainsi que les diverses illégalités comme le gangstérisme. Quant à l’aspect idéologique, il était évidemment très visible en URSS, mais il n’est pas sûr qu’il ne soit pas aussi importants dans nombre de groupes extrémistes de l’idéologie du Système aux moyens d’action puissants dans notre Système. On ajoutera, toujours en ce qui concerne notre Système, l’ignominie des aliments produits industriellement, aux capacités nocives et toxiques dévastatrices, qui rendent compte directement, eux, d'une idéologie, consciente ou inconsciente c'est selon, d'entropisation de la personne humaine qui est sans précédent. (Situation qui rappelle certaines évocations d'auteurs de science-ficvtion, dont celle du fameux Soleil vert.)

Il ne reste plus qu’à faire son choix, pour considérer l’hypothèse d’une destruction de la population par cette sorte de moyens. Sans qu’il nous faille nécessairement considérer un “plan” (“complot”), on peut bien envisager qu’il y a dans le chef de cette mécanique monstrueuse que constitue le Système une des ces “fatalités” d’anéantissement, qui est aussi un but logique, effectivement conçu mécaniquement comme tel, puisque  toutes les idées du Système tendent à la dissolution, à l’entropisation, donc à l’anéantissement.

De ce point de vue différent du précédent (celui de notre F&C du 23 novembre 2012), qui était de type chronologique essentiellement, on retrouve la Terreur selon un autre point de vue qui est celui effectivement des hypothèses d’anéantissement. Chaque hypothèse, chaque spéculation, chaque observation considérées dans le cadre générale de la crise terminale du Système conduisent effectivement à cette évolution vers la Terreur totale et absolue, qui n’a strictement rien à voir avec les idées de “terreur” que dispense le Système (“guerre contre la Terreur”, terrorisme, etc.), qui constituent, elles, des faux nez et des camouflages complètement invertis pour tenter de nous dissimuler la vraie et profonde nature du Système. Tout, absolument tout chez lui, chez le Système, concourt à rejoindre l’idée qu’il constitue une entité activant la complète opérationnalité du Mal.


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