La discrétion de l’AIPAC et la chevauchée iranienne

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La discrétion de l’AIPAC et la chevauchée iranienne

Depuis plusieurs semaines, selon une mobilisation “spontanée” (et qui semble l’être vraiment, après tout...), le Sénat US regroupe ses forces pour instaurer de nouvelles sanctions contre l’Iran et torpiller les négociations en cours. Jusqu’ici, 59 sénateurs (dont 43 des 44 républicains) se sont ralliés à une résolution proposée par les sénateur Kirk (républicain) et Menendez (démocrate). Obama a annoncé qu’il opposerait sont veto à une telle résolution. (Mais un veto peut être repoussé si les deux tiers du Sénat vote contre lui, et que se passerait-il alors si plus de 66 sénateurs votaient pour la proposition de loi ?). Jusqu’ici, le scénario est classique ...

Soudain, la perspective change, et apparaissent des situations inhabituelles. Le leader de la majorité, le sénateur démocrate Reid, qui détient le pouvoir d’autoriser un vote dans cette circonstance, ne semble pas du tout pressé de le faire, s’il y est seulement décidé. Qu’attend donc l’AIPAC, le lobby israélien, pour faire pression sur Reid, puisqu’en vérité rien ne résiste à l’AIPAC ? Eh bien, c’est là certainement la situation la plus inattendue par rapport au scénario classique : l’AIPAC semble complètement passive dans cette bataille. Un texte de Politico.com du 14 janvier 2014 détaille longuement cette étrange circonstance, sans vraiment avancer d’explication ni même d’hypothèses ... Les sénateurs eux-mêmes, les pour et les contre, habitués aux pressions et aux promesses de l’AIPAC, sont bien décontenancés, – comme le montrent ces observations de deux “poids lourds” du Sénat :

«“I don’t know where AIPAC is. I haven’t talked to anybody,” said Senate Armed Services Chairman Carl Levin (D-Mich.), who opposes any vote for additional sanctions at this time. [...] “I don’t know what they’re doing,” said Sen. John McCain (R-Ariz.), a leading defense hawk and strong supporter of getting a vote on the bill...»

Pendant ce temps, DEBKAFiles nous décrit, le 16 janvier 2014, un Iran au sommet de sa forme, avec son ministre des affaires étrangères Zarif amenant à Moscou, après avoir rencontré Assad à Damas, son collègue syrien Walid Moallemen. Zarif amène divers plans et propositions pour rétablir une certaine stabilité en Syrie et alentour, que Poutine devrait examiner avant de les transmettre à Kerry, toujours selon DEBKAFiles. Le site israélien note tout cela bien sobrement, sans exhaler la moindre indignation ni en tirer le moindre motif d’alarme, comme si la chose allait de soir :

«The Iranian foreign minister has clearly lost no time in filling the Middle East role of leading Middle East power broker and strongman, just allocated Tehran by Moscow and Washington. According to prearranged procedure. Iranian officials first hammer out an accord with local rulers, such as Assad, Nasrallah and Nouri al-Maliki in Baghdad. They then present it to the Russian leader for endorsement, after which Foreign Minister Sergey Lavrov refers the document to President Barack Obama and Secretary of State John Kerry...»


Mis en ligne le 17 janvier 2014 à 12H44

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