Globalisation-boomerang

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Globalisation-boomerang ?


9 mai 2002 — Le chômage atteint 6% aux USA, le plus mauvais chiffre depuis 1994. Les causes en sont conjoncturelles (la reprise s'avère beaucoup moins forte que prévu) et aussi structurelles. Il semble que c'est en effet une situation structurelle qui est la cause d'une part importante des pertes d'emplois constatées actuellement, qu'il faut détailler au niveau des États de l'Union, secteur par secteur, avec le constat de pertes d'emplois consécutives à une concurrence accrue de l'extérieur, elle-même due au développement des conditions nouvelles mises en place par la globalisation. Ainsi, parmi d'autres exemples, celui de l'État de Caroline du Nord, tel que le rapporte le site Stateline.org, spécialisé dans la situation des États de l'Union.

« Years ago, knick-knacks and sneakers drove the Chinese assault on the world economy. Now it's cheap clothing and – much to the horror of North Carolinians – furniture. “The Chinese are making good quality furniture at cheaper prices,” says (North Carolina's Senator Ellie) Kinnaird, offering one reason why her state now shares the nation’s third worst unemployment rate (6.6 percent) with Mississippi.

» “The reason we’ve been hit so hard is loss of manufacturing…Textiles have been going overseas for years and now our 100-year-old furniture manufacturing industry is being hurt by competition from China,” she says. Last year, North Carolina lost about 92,000 jobs in all sectors of the economy. Approximately 9,000 of those were in the furniture industry. Kinnaird and other state lawmakers fear this year’s losses will be worse. »

Ce cas évoqué ici, et d'autres dans divers autres États des USA, met en évidence un des effets pervers de la globalisation, du point de vue des USA qui sont les initiateurs de la globalisation. Il s'agit d'un véritable effet-boomerang, l'équivalent de l'effet dit-blowback employé pour les situations militaro-politiques (quand des événements dommageables pour les États-Unis ont lieu à la suite d'initiatives offensives extérieures de ces mêmes États-Unis). Le processus est connu, il a été maintes fois analysé et dénoncé par les adversaires de la globalisation aux USA : la globalisation conduit à créer des concurrents de l'économie US, dans une mesure telle que les conditions économiques s'aggravent aux USA, et que la situation économique (et intérieure) US dépend de plus en plus de l'extérieur, et cela pour une évolution de plus en plus difficile.

Les USA sont en train de retrouver les conditions des années 1989-96, où les pertes d'emplois dues d'ores et déjà aux premiers impacts de la globalisation, avaient amené une crise de confiance majeure. Le redressement de l'économie sous Clinton, à partir de 1992-93, fit sentir ses effets les plus grands sur l'emploi à partir de 1995-96, avec la période faste de 1996-2001, qui fit même croire à la mise en place d'une new economy, une croissance sans fin avec un plein emploi maintenu sans à-coups. Les dernières nouvelles, avec la reprise ratée et les effets pervers en hausse constante de la globalisation, font craindre qu'il faille réviser sérieusement les appréciations sur la nouvelle économie de l'époque Clinton.

Dernière ironie : les meilleures (moins mauvaises) nouvelles viennent de situations économiques qui sont l'antithèse de l'économie moderne, globalisée, etc. Ainsi, la meilleure situation de l'emploi est celle du Dakota du Nord, qui est le parfait antithèse d'États hyper-modernistes présentés comme les fleurons de la globalisation moderniste (Californie, Texas, etc). Le Dakota du Nord est un de ces deux ou trois États du centre-Nord, au nord des grandes plaines (avec le Montana, notamment), vivant presque en autarcie, entre le Canada et le reste des États-Unis, très isolé, autarcie et isolement autant par la topographie et le climat (froid et neige l'hiver) que par la structure économique accordée à un état d'esprit très particulier. (Le Dakota du Nord est historiquement le dernier État à avoir envisagé la sécession de l'Union. Son Congrès envisagea cette possibilité en 1933 et la repoussa finalement.)

« North Dakota, the state with the lowest jobless rate, has been relatively unaffected by the recession so far. State labor economist Warren Boyd says a reasonably stable agriculture-based economy and a small workforce have helped the state escape problems confronting many other parts of the nation. “Our industrial mix is quite different than most other states. We don’t have a lot of dotcoms. We just have bread and butter operations,” Boyd said. “And we have a total population of only about 642,000. So you need that base population just to run things.” »

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