En Ukraine, le favori-caméléon pour tous les désordres

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En Ukraine, le favori-caméléon pour tous les désordres

Il apparaît que Petro Porochenko est le candidat-désigné pour emporter les élections présidentielles en Ukraine, le 25 mai. Le soutien que lui a apporté le boxeur Klitschko, après son désistement qui lui assurera une place de choix dans le nouveau régime, a conduit Porochenko d’autour de 35% des voix dans les sondages, à autour de 40%. Porochenko est connu pour sa fortune, sa production de chocolat et sa carrière politique de type “caméléonesque”, puisqu’ayant été de tous les côtés dans les régimes successifs, notamment depuis 2004 (“révolution orange”), aussi bien avec les pro-occidentaux qu’avec le régime Ianoukovitch. Porochenko est le politicien-type de l’Ukraine post-soviétique, maniant aussi bien les opinions opportunes que les opportunités politiques.

Dans Strategic-Culture.org du 3 avril 2014, le chroniqueur US Wayne Madsen fait un portrait de Porochenko dans la perspective des élections, portrait marqué par sa récente affirmation qu’il n’avait pas la demande d’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN dans son programme. On espère que les Russes en seront amadoués.

«Poroshenko, a former foreign and economy minister in past Ukrainian governments, stated that NATO membership for Ukraine faced major opposition in the country. Poroshenko made his comments in Kiev during the 10th annual investors’ conference of Dragon Capital, Ukraine’s largest investment bank, which is partly owned by Goldman Sachs. Referring to NATO membership, Poroshenko told the German newspaper Bild, “If the idea [of NATO membership] is supported by less than 50 percent, then we cannot use it, so as not to ruin the country.” Poroshenko was referring to opposition to NATO membership by Ukraine’s Russian population. Poroshenko is well aware of their feelings since he hails from Odessa, which is a mainly Russian-speaking region of Ukraine. Poroshenko now claims his home in central Ukraine’s Vinnytsya, where he moved to start his business and political careers.

»During his interview, Poroshenko reminded Bild’s reporter that NATO rejected membership of Ukraine at the military alliance’s summit in Bucharest in 2008. The summit deliberated a proposed NATO Membership Action Plan, but the majority of the countries decided not to invite Ukraine into membership at that time. When asked if Ukraine wanted fast-track membership in NATO, Poroshenko replied, “No, and it does not depend only on us, but also on NATO. We feel that NATO members are divided on this issue. We have already seen this problem in 2008, when Georgia was first promised membership, but nothing happened then.”

»Poroshenko also told Bild that he did not foresee a Russian military foray into eastern Ukraine. However, Poroshenko did not show any inclination that he was a pacifist when it comes to economic warfare with Russia. He said that Germany must be willing to pay a price in imposing economic sanctions against Russia, even if that meant economic turmoil as a result of a boycott of Russian natural gas. Poroshenko said that Germany should be “willing to pay a price for democracy.” [...]

»Although Poroshenko appears to have rejected any immediate NATO membership for Ukraine, something which Russia adamantly opposes, the candidate is known in Ukraine as a notorious “flip flopper.” Even after his statement to Bild claiming he does not see any NATO membership for Ukraine in the near future he also advanced the notion that Ukraine must have some other sort of “security arrangement” with the western military bloc.»

Auparavant, le 8 mars 2014 à Paris, Porochenko avait pris ses assurances du côté de la “révolution”-maidan, avec rencontre de Hollande et soirée non moins révolutionnaires, tout cela en compagnie (déjà) de Klitschko et sous l’égide de BHL. On avait créé dans l’enthousiasme un comité Europe-Ukraine, dont BHL, maître d’œuvre, avait résumé le programme : «Poutine reculera et retirera ses sales pattes de l’Ukraine.» Porochenko avait applaudi.

La tableau général qu’offre le candidat Porochenko est effectivement, comme le définit Madsen, de type caméléonesque, y compris d’un mois à l’autre. On y trouve aussi bien la dénonciation indirecte des “sales pattes de Poutine”, les accointances avec le Big Business globalisé dont Goldman Sachs et le FMI, et le refus d’adhérer à l’OTAN assorti de garanties pour les russophones d’Ukraine. Ce vaste programme est surtout celui de l’opportunisme s’exprimant différemment selon les audiences, et donc fractionnant ses options plutôt que tenter d’établir une unité nationale en faisant des options les composants de cette unité. S’il est élu, chacun aura voté pour un Porochenko différent, alimentant un candidat dont la multiplicité permet de laisser ouvertes toutes les perspectives d’intrigues, par conséquent la voie des désordres divers. A première vue, Porochenko est un chapitre de plus dans l’extension de la crise ukrainienne et rien d’autre.


Mis en ligne le 4 avril 2014 à 06H46

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