De la Plus Grande Dépression à la GAR (Great American Renaissance)…

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Puisqu’il semble effectivement que l’automne s’annonce fort crépusculaire, que la “reprise” est un tour de passe-passe de quelques clowns qui sont plutôt des paltoquets, des textes réapparaissent sur des prévisions catastrophiques aux USA (en même temps que les prévisions dramatiques sur la crise financière, comme Simon Johnson le 10 octobre 2009: «Johnson said that the bank bailout would not fix the long-term instability of the financial sector, and “when [the crisis] comes back, it will come back with a vengeance, and it will be I think even more devastating”».). Nous en citons deux, qui sont notamment centrés sur la personnalité de Gerald Celente, de TrendsResearch.com et de l’institut du même nom.

• Le 8 octobre 2009, Tim Barello, de Examiner.com, signe un long texte: «Gerald Celente explains ‘Obamageddon’ forecast amid call for The Great American Renaissance.» Barello envisage la situation catastrophique des USA, notamment à la lumière des prévisions de Celente, mais aussi avec d’autres références. Notons l’importance qu’il accorde à Ron Paul et à son actuelle tentative de coincer la Federal Reserve, qu’il juge promise à la réussite, ce qui constituerait un événement considérable… «Dr. Ron Paul – perhaps the only true, remaining Statesman in Washington, D.C. – deserves much gratitude from the American public; his courageous, uninterrupted opposition of the Federal Reserve spans back many years, and it ultimately proves why he is a major ally for those of us seeking The Great American Renaissance. Congresscritters should note his leadership skills, and follow them to the tee. […] …Dr. Paul will ultimately get his way, and we will finally End The Fed, once and for all.»

Barello fait justement remarquer l’importance du mouvement Tea Party, et notamment l’erreur qu’il y a à le cantonner à un seul événement, et ainsi à l’enfermer dans un étiquetage idéologique réducteur… «It is clear that people are in fact wizening up; the massive, ongoing ‘Tea Party’ protests are surely a sign of it. More importantly though, critics of these events must be fair, and recognize that the movement started long before the debate on healthcare reform entered the picture – it formed in response to the absurd bailouts of Wall Street criminals.»

• Un texte de World Net Daily du 10 octobre 2009 reprend aussi une interview de Celente, déjà mentionnée dans le texte précédent. Celente y développe ses thèmes habituels, qu’il confirme, d’ailleurs conforté par une série notable de prévisions conjoncturelles qui, dans les trente dernières années, se sont révélées justes… «And Gerald Celente of TrendsResearch.com, says people right now should be bracing for “the greatest récession” which will hit worldwide and will mark the “decline of empire America.” Crop failures could be among the minor concerns. “Here we are in 2012. Food riots, tax protests, farmer rebellions, student revolts, squatter diggins, homeless uprisings, tent cities, ghost malls, general strikes, bossnappings, kidnappings, industrial saboteurs, gang warfare, mob rule, terror,” he writes for a quarterly publication that is available through subscription on his website.»

• Dans le premier texte cité, qui reprenait quelques grands thèmes de Celente, on trouve un passage qui renvoie d’ailleurs au titre de l’article “The Great American Renaissance ”, qui envisage la situation après l’effondrement du système actuel présenté sous le surnom aimable de “Obamageddon”. Voici comment Celente voit cette prévision type-GAR (Great American Renaissance)…

«“The whole system is breaking down and something new will be born, but if we use our intellect, rather than continue along the same path, we can create a better future,” says Celente. “We don’t need Wall Street, we need Main Street. We don’t need Wal-Marts, we need Mom & Pops. We don’t need agribusiness, we need family farms. We need to bring America back to when it was at its most, when it was the most egalitarian nation in the world, when the quality of life was at its highest. That was the model [for success].”

»“For America to regain its greatness, it has to regain its dignity. It has to bring back the model that worked in the past and push it forward…it’s a rediscovery…we have to go back to quality, and quality is the basis for success,” while at the present time, “we’re a junk food nation [that is fed] junk news.” We are also being crippled by outlandish, across-the-board corruption, and it must be stopped.»

@PAYANT Gerald Celente est de retour dans les informations de première ligne, qu’il ne quitte jamais tout à fait. Cela correspond à un climat qui s’installe de nouveau, un processus d’effondrement de la psychologie, actuellement en cours, sans doute de concert avec l’arrivée de l’automne, de la perception qu’on va vers des événements catastrophique. On parle d’effondrement du dollar, de “Greatest Depression”, etc., des termes couramment utilisés depuis plusieurs années et qui ne concernent plus seulement l’économie, qui se concentrent sur le sort des USA. A l’image du titre du livre d’Andreï Amalrik de 1972 (L’URSS survivra-t-elle jusu’en 1984 ?), la question pourrait être : “l’Amérique survivra-t-elle jusqu’à la fin du premier mandat de Barack Obama?”, cela malgré l’aide du Prix Nobel qui se révèle d’ores et déjà une distinction à double tranchant.

Notre intention n’est pas, ici, de faire concurrence de prévisions, plaçant ceci avant cela, l’effondrement du dollar avant la mise à jour des turpitudes de la Federal Reserve, la persistance et l’accroissement du chômage ou une mobilisation imprévue du Tea Party conduisant à une déstabilisation de la situation civile, etc. Toutes ces prévisions sont aujourd’hui monnaie courante et témoigne de la puissance du mouvement psychologique en cours. La question qui commence à surgir est de type hypothétique et concerne la non moins hypothétique “après-crise”, ou, pour expliciter l’hypothèse autrement, l’interrogation sur la situation pourrait sortir d’une succession de crises catastrophiques conduisant à un événement déstructurant majeur. La seule question qui nous importe est celle de l’hypothèse d’un processus d’éclatement des USA pour une cause ou l’autre, dans la dynamique ainsi envisagée. C’est pour nous le pas fondamental de la crise, ou du prolongement décisif de la crise, parce que cela signifie la désintégration d’une fascination psychologique qui tient le système depuis bientôt deux siècles en imposant psychologiquement son caractère d’inéluctabilité, qui est le phénomène fascinatoire popularisé avec l’expression d’American Dream. Du jour où les USA entameront un processus de dislocation, dans quelques conditions que ce soit, ce jour-là un processus psychologique fondamental se mettra en marche. L’architecture du système tient effectivement sur cette pièce psychologique maîtresse qui emprisonne le raisonnement, qui réduit toutes les tentatives argumentaires, toutes les démonstrations rationnelles ou passionnées qui, depuis deux siècles, sont portées contre la monstrueuse tromperie que constituent les USA.

Il faut noter que le processus GAR (“Great American Reaissance”) qu’envisage Celente n’en est pas éloigné. Il est absolument teinté de “démocratie localiste”, de “jeffersonisme”, d’une mise en cause du progrès devenue une dynamique déstructurante radicale et de la centralisation fédérale qui le sert. D’une façon implicite mais puissante, il implique donc fondamentalement le refus du centralisme fédéral qui a été imposé par le fer et par le feu, lors de la Guerre de Sécession. Cette vision implique ce qu’on nommerait en France la “décentralisation”, qui n’existe pas aux USA dans les conditions apaisées qu’on envisage pour la France, dans le cadre de diverses réformes envisagées dans ce sens; aux USA, elle se traduit nécessairement par un mouvement centrifuge de dislocation et de sécession, une rupture radicale.

Quoi qu’il en soit, les interventions de Celente sont prises ici plutôt comme exemple. Elles répondent évidemment à un fort mouvement psychologique de type centrifuge qui est en cours aux USA, exacerbé par la crise et les différences de situation des Etats, par le comportement de l’administration centrale qui redistribue l’agent levé par les impôts, donc ponctionné dans les Etats, vers des forces à la fois responsables et de la crise et qui suivent une politique centralisatrice pour leur seul profit (Wall Street, le Pentagone, etc.). La vision de Celente, qui renvoie également à un idéalisme localiste US très spécifique et en pleine résurgence comme souvent en temps de crise, répond évidemment à cette évolution psychologique de plus en plus marquée. Le basculement se fera lorsque les citoyens seront convaincus que l’action du “centre” fait définitivement plus de mal que de bien pour la situation générale des citoyens et des Etats, ce qui est en bonne voie lorsqu’on compare, exemple critique parmi d’autres, l’effort fait pour Wall Street et la dégradation continue du chômage.


Mis en ligne le 12 octobre 2009 à 07H51

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