Confrontation USA-Chine : “On a de la pizza à déjeuner,  et vous ?”

Brèves de crise

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Confrontation USA-Chine : “On a de la pizza à déjeuner, et vous ?”

On sait que la Mer de Chine du Sud est un des points de tension extrême de la situation crisique du monde, comme nous dit la communication de tous les côtés. Les navires de l’US Navy sont en mission, disons de déni des affirmations de souveraineté navale de la Chine jugées illégales par les USA, tandis que la Chine dénonce des provocations et des violations de souveraineté. La tension est à son comble, et les discours belliqueux des deux côtés. La crise est intense.

Ceux qui ont l’habitude de ces situations de crise ou qui s'en remettent au simple bon sens savent que le climat psychologique se répercute avec une force extrême sur les acteurs opérationnels. Pour cette sorte de crise exécutée dans une sorte de confrontation navale non-ouverte et avec un affrontement toujours possible selon les évènements, les marins impliqués sont tendus, sur leur garde, à la fois prêts à l’action et attentifs à éviter un faux-pas ; les armes de bord sont apprêtées mais sous contrôle ; la tension est extrême et chaque côté observe l’autre avec angoisse et hostilité à la fois, sans communiquer bien entendu sinon de façon formelle et très stricte. C’est cela, une crise de confrontation pour affirmer ou dénier une position stratégique.

Vraiment ? Si vous lisez cet article de StraitsTimes.com (le 7 novembre), d’un correspondant d’AFP à bord du USS Theodore Roosevelt venu du Golfe Persique, ce n’est pas ça du tout. Le journaliste a parlé avec le capitaine de corvette Francis, commandant du destroyer USS Lassen qui a effectué fin octobre une de ces missions disons de “déni-provocation” si on veut décrire la chose selon les visions opposées. Le résultat est étonnant. Francis parle d’une ambiance extrêmement décontractée, de communication constante avec les navires de guerre chinois qui suivent et surveillent à quelques encablures, sur des sujets extrêmement aimables (“On mange de la pizza aujourd’hui, et vous ?”, “On prépare Halloween”, etc.). Le ton et les pratiques, – que ce soit de la communication ou la simple description de la situation, – sont d’une aimable camaraderie courante en temps normal entre marins, à mille lieues des terribles discours menaçants du secrétaire à la défense Carter, et des furieuses réponses officielles des Chinois. On le constate chaque jour un peu plus, alors on le répète : jamais la communication prétendant faire mieux comprendre la situation du monde n’a été aussi intense,  jamais elle n’en a autant brouillé la perception. 

« As the United States and China engaged in a stand-off last week over an American naval vessel in Chinese-claimed waters, front-line officers from the two sides bantered about chicken wings and Halloween preparations. Washington sent the guided missile destroyer USS Lassen to the South China Sea for a “sail-by” of Chinese-built isles that have raised concerns over Beijing's deepening toehold in the strategic waterway. The move brought angry denunciations from China, which said its sovereignty had been violated, with US defence officials countering that US ships would continue such sailings.

» But despite the big-power ramifications, radio contact between the two sides at the scene was frequent and surprisingly relaxed, according to an account of the close encounter by Commander Robert Francis of the USS Lassen. “Every day a US ship is down here, we interact with the Chinese. It's not uncommon for one of my officers on the decks to pick up the radio and start talking (to the Chinese),” he said. [...] “We picked up the phone and said, ‘Hey, what are you guys doing this Saturday? We got pizza and wings, we're doing this, we're planning for Halloween as well,’” Commander Francis said, recalling exchanges with the Chinese navy. “So, discussions of that nature, just trying to show we are normal sailors like them, have families just like them.” [...]

» A Chinese destroyer shadowed the USS Lassen, repeatedly querying why it was in “Chinese waters”. “I wouldn't call them warnings,” Commander Francis said. The US vessel's carefully stage-managed “freedom of navigation” transit was meant to subtly challenge China's sovereignty claims and stress the right to international free passage... »

 

Mis en ligne le 11 novembre 2015 à 06H55

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