Comment la crise prend de l'ampleur et commence à prendre ses véritables dimensions

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Comment la crise prend de l'ampleur et commence à prendre ses véritables dimensions


Certains textes commencent à donner la mesure de la crise mondiale qui est née le 11 septembre. Ce texte de Hugo Young, du Guardian, du 27 novembre 2001, nous dit tout lorsqu'il nous dit : « Americans want a war on Iraq and we can't stop them. »

L'explication, l'analyse que nous en donne Hugo Young peut plaire comme elle peut ne pas plaire mais elle a le mérite de la franche réalité. Young, en nous expliquant l'humeur actuelle de l'Amérique, qui est pour le moins dévastatrice, — ou bien le mot “déchaînée” convient-il mieux ? — ne tranche pas vraiment sur le fond, soit en la justifiant, soit en la condamnant, soit encore moins en en envisageant les conséquences. Volontairement ou pas, c'est à voir, Hugo Young nous donne au moins une des clés de cette crise : à savoir que le centre de la crise est moins dans la question du terrorisme que dans la question du comportement de l'Amérique, — et nous disons bien “du comportement”, et non pas de la réaction ; car la réalité nous montre que l'Amérique des années 1990 prépare celle d'après-9/11, tout comme, auparavant, l'Amérique de la Guerre froide, puis, auparavant, l'Amérique qui précéda tout cela au moins depuis la Grande Dépression, nous conduit à la situation d'aujourd'hui. En d'autres termes, des textes comme celui de Hugo Young ne sont pas loin de faire surgir cette question, effrayante entre toutes : et si le problème d'entre tous les problèmes, aujourd'hui, était l'Amérique elle-même, sa puissance, son malaise, sa conception exclusive du monde, son pan-expansionnisme qui est cette catégorie totale de l'expansionnisme, de la culture à l'économie et à la façon de vivre, et jusqu'à la façon d'être ?

Ce qui survient aujourd'hui en Amérique, au nom de cette colère déchaînée, est aussi bien mesurée par ces faits extraordinaires quand l'on sait que ce pays a mis les fondations de son exceptionnalité dans la Loi et dans tout ce que cette Loi est censée protéger, — ces faits que Young résume de la sorte : « A country that guards its constitutional freedoms with meticulous passion is prepared to surrender them with pious indifference. So easy is such submission to raison d'état that the quiet torture of recalcitrant suspects surely cannot be far behind. »

Simplement, nous reprendrons ce mot de Young : non, ce n'est pas à la raison d'État que l'Amérique est aujourd'hui prête à sacrifier ses libertés, mais à une chimère, à une image du monde, à une représentation virtualiste de la réalité. Les 5.000 (3.900 plutôt) morts du WTC n'y changeront rien, car les deuils ne suffisent pas à investir l'esprit et le coeur des verus de sagesse et de lucidité. Sinon, l'humanité serait vertueuse et clairvoyante depuis l'origine des temps.

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