C’est juré, nul n’interrompra l’idylle Erdogan-S400 !

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C’est juré, nul n’interrompra l’idylle Erdogan-S400 !

En coulisses, la bataille est d’une intensité rare entre les USA et la Turquie, concernant l’achat par les Turcs des systèmes de défense aérienne russes S-400. Pour les USA, cette vente est absolument fondamentale, – c'est-à-dire catastrophique, – dans la dynamique de leur déclin et de la déconstruction/déstructuration de leur réseau d’alliances, par l’importance de communication qu’ils lui ont donnée (au contraire, par exemple et jusqu’ici, de leur attitude vis-à-vis des contacts Russie-Arabie sur le même sujet). Cette “dramatisation” de l’affaire, qui est du seul fait de Washington, également “D.C.-la-folle” (ou “D.C.-la-parano”) dans ce domaine, commence à approcher d’une situation de “tout ou rien”. On observera qu’il s’agit là d’une construction de la communication, avec influence, menaces de sanctions, et par-dessus tout un hybris hystérique des USA confrontés à leur déclin.

Le fait est que, désormais, dans les milieux européens on en est à envisager que l’importance que les USA ont donné à l’affaire Turquie-S400 est telle que si les Turcs passent outre aux pressions et aux récriminations des USA, les conséquences pourraient largement dépasser la question des sanctions et déboucher sur des situations de rupture cauchemardesques (pour le bloc BAO), – allant jusqu’à un retrait de la Turquie de l’OTAN. L’emportement hystérique US est tel qu’il pourrait en venir à de telles extrémités, et certains suggèrent que l’Alliance a été sommée de présenter un dossier affirmant que l’achat des S-400 constitue une violation capitale des engagements de sécurité dans l’OTAN, avec option de retrait qui ressemblerait à une expulsion de l’OTAN.

Pour autant, et hybris pour hybris, et celui d’Erdogan étant fameux, le président turc ne cesse de répéter sa volonté inébranlable de voir sa défense aérienne à longue distance constituée de S-400. Tass, rappelant son information selon laquelle les Turcs sont déjà engagés pour négocier l’achat d’une deuxième tranche de S-400, rapporte une déclaration d’Erdogan diffusée le 5 mars par la TV Haber Turk, qui reprend à peu près ce qu’Erdogan a dit à Tillerson lors du passage du Secrétaire d’État à Ankara le 30 janvier :

« Vous n’avez rien dit aux Grecs [à propos de l’intention d’achat du systèmes russes S-300] mais vous dites que vous ne permettrez pas à la Turquie d’acheter des S-400 Vous proclamez que ces contacts avec la Russie sont une erreur. Vous dites aussi que vous allez mettre en place des sanctions [si la vente se conclut définitivement]. Nous n’allons pas accepter de devoir vous rendre des comptes. Nous continuerons dans la voie empruntée, sans aucune concession dans le processus nous permettant d’atteindre nos objectifs. »

 

Mis en ligne le 7 mars 2018 à 17H26

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