Cernovich et le FakeNews-Industrial-Complex

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

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Cernovich et le FakeNews-Industrial-Complex

02 septembre 2017 – C’est avec une intention derrière la tête, je l’avoue humblement tout en proclamant que c’est cela aussi l’interconnectivité, que j’avais observé un autre moi-même écrivant dans dedefensa.org, hier 1er septembre, à propos du nommé Mike Cernovich invité à parler de “Trump prisonnier” sur la radio de Breitbart.News :

« C’est un “complotiste”, qui adore les thèses de complot, donc diabolisé à mesure et diffamé comme l’on imagine ; à première vue, si ce n’est pas un signe d’excellence, c’est encore moins un signe de décadence et de nullité, tant les accusateurs (presseSystème, Le Monde, New York Times) sont d’un tel niveau de bassesse, de diffamations, de simulacre avec soupes de mensonges, de FakeNews et de complotisme pour leur compte... Une condamnation d’être le pire des faussaires de leur part vous inspirerait sans beaucoup de peine un apriorisme nettement favorable au faussaire... Quoi qu’il en soit, Cernovich reste Cernovich.

» Il s'est intéressé à ce domaine avec la plus grande attention depuis la campagne présidentielle USA-2016. (Il s'est notamment intéressé aux éventuelles pratiques occultes des Clinton & Cie, dont on a parlé à l'automne 2016.)  Sans lui être idéologiquement attaché mais en étant hostile un progressisme-sociétal, Cernovich suit particulièrement Trump qui lui paraît un personnage intéressant avec sa politique sortant des normes du Système... »

J’avais écris cela, bien sûr après avoir lu les articles de Breitbart.News mais aussi le Wikipédia consacré à Mike Cernovitch, où l’on n’est pas vraiment tendre avec lui. (Dans un article qui fait 957 mots, on trouve six fois le mot conspiracy, à chaque fois pour caractériser le personnage ou l’un de ses travaux, l’une de ses activités, etc., et sa façon de penser en général. Cela en dit long sur ce qu’il faut penser, nous les gens convenables si nous l’étions, lorsque nous nous en tenons aux standards-Système, lorsqu’il s’agit de Cernovich.)

Cela écrit pour qu’on n’y revienne plus, je m’attache rapidement à deux extraits qui concernent certains jugements et conceptions de Cernovich :

• Deux tweets de Cernovich que le Wikipédia  a rapprochés : « “Quelles sont les politiques de Trump ? Cela ne m’intéresse pas particulièrement”... ”Si Trump vous offusque tant, c’est parce que vous vivez dans un simulacre où personne ne dit ce qu’il pense.” »

• « En octobre 2016, Cernovich déclarait : “La gauche aime beaucoup parler des structures du pouvoir, n’est-ce pas ? Les médias [la presseSystème] pensent encore qu’ils représentent la structure chargée de dire la vérité au pouvoir. Ce qu’ils ne réalisent pas, c’est que quelqu’un comme moi est perçu comme le nouveau ‘Quatrième Pouvoir’. Peut-être devraient-ils vérifier où en est leur privilège structurel...” Les médias “paternalistes”, dit-il, sont en train de céder la place à de nouveaux médias plus démocratiques. “Cela rend dingues les journalistes parce qu’ils ont l’habitude de contrôler les choses. Ils ne peuvent plus contrôler les gens désormais. Tout le monde a une vois maintenant.” »

Vous voyez à qui vous avez affaire ? A un des objets de la haine absolument inextinguible et presque d’essence diabolique qui habite aujourd’hui les principaux outils du Système, et notamment la presseSystème. Cernovich leur fait un bras d’honneur et leur dit : “J’écris et dis ce que je veux, cela est au moins aussi lu et entendu que ce que vous écrivez et dites, et, en général, on croit beaucoup plus ce que j’écris et dis que ce que vous écrivez et dites”. Ce n’est pas une affirmation gratuite, c’est certainement vrai.

Ce que Cernovich montre et dit de lui-même, – mais aussi de Trump : qu’importe sa politique dès lors qu’il s’écarte du langage-Système, – des milliers d’autres le pensent et la plupart d’entre eux le disent. Tout cela n’a absolument pas changé les choses dans l’organisation de la politique parce que la plus extrême difficulté dans ce cas où une situation est tenue emprisonnée sous l’empire d’une puissance de la force du Système est de trouver les êtres, les situations et les mécanismes qui permettent d’offrir une alternative, mais cela a considérablement miné et fragilisé la base du Système, son assise, son équilibre. Cela a poussé la presseSystème à céder de plus en plus à un déséquilibre mental dans le jugement des choses et dans leur rapport, selon l’orientation de plus en plus folle du Système, et cela l’a enfoncée dans un simulacre sans fin tapissé de mensonges dans tous les sens (à partir de l’Ukraine du début 2014 et du déterminisme-narrativiste) ; de cette façon s’ensuivent l’extrême fragilisation de sa base, de son assise et de son équilibre.

C’est une situation remarquable où la puissance, – non la surpuissance de la presseSystème, aux USA et dans les autres pays du bloc-BAO, agissant en toute impunité dans le champ du mensonge le plus éhonté qu’impose le simulacre du Système, est effectivement obligée de le céder à des individualités du type-Cernovich agissant en complète autonomie. Au reste, la sottise règne... Lorsqu’on constate que le Wiki place avec mépris dans la catégorie des “théories complotistes” de Cernovich la qualification en false flag (US et saoudien, avec Soros en bandouillère) de l’attaque chimique d’avril dernier, qui l’est évidemment, false flag, et d’une façon éclatante, l’on comprend l’évolution qu’on décrit ici. (« In April 2017 Cernovich promoted the conspiracy theory that the Khan Shaykhun chemical attack in Syria was a hoax funded by an American financier. » “Théorie conspirationniste” ? Wiki devrait s’informer auprès de Seymour Hersh pour en juger, de quelle théorie du false flag il s’agit ici.)

Il s’agit donc de bien apprécier que ce n’est pas tant la valeur d’un Cernovich qui est en cause ici, que l’extraordinaire médiocrité, la bassesse incroyable de ses adversaires qui sont les nôtres, l’armée de journalistes de la presseSystème, à la fois robotisés, hallucinés et corrompus. Si l’on observe la situation d’une façon générale, surtout après ces deux années de cette bataille extrêmement intense de la communication autour de Trump, on mesure l’évolution extraordinaire dans le sens de l’effondrement par dissolution du crédit de la presseSystème.

Bien, comme il est rajouté au jugement ci-dessus, – « Quoi qu’il en soit, Cernovich reste Cernovich »... Cela signifie que je suis en droit, et même en devoir de prendre tout ce qu’il me dit avec prudence, bon sens, voire méfiance dans certains cas, avec plus d’entrain dans d’autres. Son hypothèse sur “Trump prisonnier à la Maison-Blanche”, non seulement se défend assez bien, mais semblerait même rencontrer la vertu de l’évidence ; cela, à condition d’énoncer les constats non moins évidents qui relativisent ce jugement, comme celui, assez fondamental, qu’un Obama dans sa “bulle” était aussi “prisonnier“ sinon plus, qu’un Trump “aux arrêts” à la Maison-Blanche. Je veux dire qu’avec un Cernovich, on se trouve sur un territoire incertain, qu’il faut parcourir avec prudence, qu'il faut amender, aménager, etc., mais qui n’est absolument pas marqué du poids formidable du simulacre où se trouve la presseSystème.

Je veux dire surtout qu’il est tout simplement remarquable et significatif que la presse-Système ne se soit jamais aventurée, quant à la situation du pouvoir dans “D.C.-la-folle”, sur une hypothèse autre que l’extrême méchanceté de Trump, son caractère fasciste, narcissique, etc. Une telle infécondité de pensée rend compte du caractère complètement stérilisant de la “servitude volontaire”, car ce sont bien sûr eux d’abord, nos maîtres et leurs employés zélés, qui sont tributaires de ce caractère si magnifiquement décrit par La Boétie. Nous sommes dans un piètre état sans aucun doute, mais les soldats du Système sont encore bien plus des esclaves que nous ne sommes. Il faut toujours garder cela à l’esprit, comme une conviction qui permet de continuer à vivre, comme une vérité-de-situation irréfragable.

Tout cela nous fait progresser dans la découverte de nouveaux concepts... Je crois que c’est dans Infowars.com, autre source du type-Cernovich et que je traiterais de la même façon, que j’ai trouvé l’expression que je ne peux décrire autrement que fabuleuse, une sorte de joyau du langage, – pour définir à la fois la presseSystème et le principal de l’action du Système aujourd’hui, – l’expression de FakeNews-Industrial-Complex, qu’on traduirait approximativement de “complexe de l’Industrie des FakeNews. Imaginez le vertige du concept d’une industrie productrice de FakeNews ! L’expression tendrait à remplacer les autres du même type, notamment le CMI (Complexe Militaro-Industriel) des origines, tant la communication est devenue essentielle, la guerre de la communication le seul conflit qui vaille, et les FakeNews l’arme favorite et unique, l’arme ultime, l’“Arme du Simulacre Massif”.

C’est une situation formidable qu’une époque devenant si complètement caractérisée par ce mensonge très spécial, ce “mensonge postmoderne” nommé FakeNews, d’une expression inventée par les menteurs eux-mêmes, – ou disons plutôt, pour les distinguer, les “fakers”, non ? (Sans rapport avec le Coréen du même nom, personnage respectable.) Cela pourrait nous donner “fucker-faker”, ce qui n’est pas si mal après tout... Et ces “fucker-fakers”, producteurs de FakeNews pour pouvoir continuer à être esclaves zélés, entretenant leur “servitude volontaire” comme on arrose des fleurs, et à ce point l’eau déversant ses molécules de FakeNews innombrables.

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