Biden-Nuland en visite à Kiev, et autres tambours de guerre

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Biden-Nuland en visite à Kiev, et autres tambours de guerre

Chaque fois que Nuland se rend à Kiev (voir le 7 octobre 2014), l’alarme retentit. Cette fois, l’alarme est à la fois double et plus pressante, puisqu’il s’agissait au départ d’une visite du vice-président Bide, à laquelle Nuland s’est jointe en dernière minute. Biden-Nuland, deux incendiaires confirmés, notamment et particulièrement dans la crise ukrainienne. Le programme officiel concerne l’examen du respect par la Russie des accords de Minsk (le respect par Kiev de l’accord n’ayant pas besoin d’être examiné puisqu’il s’agit du principe fondateur de tout jugement), – et, accessoirement, les réformes de l’actuel gouvernement de Kiev. Sputnik rapporte la nouvelle, le 19 novembre 2014

«US Assistant Secretary for European and Eurasian Affairs Victoria Nuland will be in Ukraine later this week to join the US Vice President Joe Biden during his visit, the State Department said in a statement. “November 20-23, Assistant Secretary Nuland will accompany Vice President Joe Biden on his visits to Kiev, Ukraine, and to Istanbul, Turkey,” the statement issued Tuesday said. Biden's visit to Ukraine is scheduled for November 21, where the US official will meet with Ukrainian President Petro Poroshenko. Prior to his visit to Ukraine, Biden will travel to Morocco, then to Turkey. Nuland is also scheduled to be to Belgium and Latvia before arriving in Ukraine.»

On doit rapprocher cette nouvelle d’une autre qui est de la même eau, qui est une très récente visite de trois parlementaires extrémistes ukrainiens au sénateur John McCain. Les parlementaires sont trois chefs d’unités paramilitaires composées d’activistes néo-nazis du type Pravy Sektor, les bataillons Donbass, Dnieper et Mirotvorets, tandis que McCain est le grand inspirateur-agitateur belliciste du Sénat (bientôt à majorité républicaine), particulièrement intéressé par l’accélération de la crise ukrainienne et la confrontation avec la Russie.

Interfax du 18 novembre, repris par Russia Insider du même 18 novembre 2014, rapporte la nouvelle en commentant l’état de santé mentale de McCain («McCain is a bit soft in the head these days, what with his age and all, so he probably just doesn't realize whom he is meeting with...). Précisions sur la visite :

«The commanders of the Ukrainian volunteer battalions Semyon Semenchenko (battalion Donbas), Yuriy Bereza (Dnieper) and Andriy Teteruk (Mirotvorets), who have been elected to the Ukrainian parliament, have left for Washington to meet with Senator John McCain. “The three parliamentarians have gone to Washington for one day to meet with Senator John McCain. They had a connection in Frankfurt-am Main. There was a gigantic line… Their innate politeness didn't allow battalion commanders Semenchenko, Bereza and Teteruk to jump the line,” Semenchenko said on Facebook.»

Autre élément à considérer, un article de Patrick Buchanan sur son site, le 18 novembre 2014, qui interprète un très récent (15 novembre) éditorial du Wall Street Journal, très influent dans les milieux neocons et bellicistes de Washington, comme l’annonce d’un possible conflit en Ukraine auquel les USA seraient conduits à participer.

«... Back to the [Wall Street] Journal. On Nov. 15, its lead editorial declared that the great “question before President Obama and Europe is how to stop the Napoleon of the Kremlin.” Putin is Napoleon? Has the Journal lost it? [...]

»The Journal hails the Senate Foreign Relations Committee 18-0 vote to arm the Ukrainians, and urges Congress to do the same. And what would be the result of U.S. heavy weapons arriving in Kiev? Would Putin recoil in shock and awe and scurry out of Crimea? Probably not, as the Journal itself concedes, “In 15 years running Russia, Mr. Putin has never stood down.”

»And if Putin, seeing U.S. weapons arriving in Kiev, sent in the Russian army to annex Luhansk and Donetsk, took Mariupol on the Black Sea coast, established a land bridge to Crimea, and then offered to negotiate, what would Kiev do? Even with U.S. weapons Ukraine cannot defeat Russia. What would we do? Accept defeat? Send U.S. advisers or troops into Ukraine? Launch strikes on Russian forces? Blockade Crimea? Are we really prepared for war with Russia, over Donetsk?»

Enfin, pour clore ce dossier, ces précision du Saker US (le 17 novembre 2014) concernant un passage d’une interview donnée par Poutine à la TV allemande ARD. Il s’agit de mettre en évidence l’extrême résolution du président Poutine de n’abandonner en aucun cas la population russophone d’Ukraine dans l’hypothèse d’attaque et de “nettoyage ethnique” des forces de Kiev, particulièrement des unités paramilitaires néo-nazies.

«[...T]he following quote is, I believe, crucial: “Today there is fighting in eastern Ukraine. The Ukrainian central authorities have sent the armed forces there and they even use ballistic missiles. Does anybody speak about it? Not a single word. And what does it mean? What does it tell us? This points to the fact, that you want the Ukrainian central authorities to annihilate everyone there, all of their political foes and opponents. Is that what you want? We certainly don't. And we won't let it happen.

»The Russian original sentence is... [...] I personally would translate this sentence “You want that? We don't. And we will not allow this.” You could also translate the last part as “we will not permit this”. This is not an expression of a preference or a much more vague “we won't condone” or “we oppose”. This is a very categorical statement which warns that Russia will proactively prevent such an outcome. As I said it many times here already: Russia will not let the Nazis overrun Novorussia.»

Tout cela doit être lu et apprécié sur un fond général, venu de très nombreuses sources, d’hypothèses et de supputations sur une reprise des combats intensifs (des combats sporadiques ayant continué tout au long des derniers mois depuis l’accord de Minsk). En général, l’hypothèse est celle d’une attaque massive des forces de Kiev, et si cela se faisait ce serait nécessairement avec l’accord sinon l’encouragement des USA dans le chef de la fraction belliciste si joliment représenté par les voyageurs Biden-Nuland, et bien entendu avec un soutien effectif et opérationnel des mêmes USA, notamment grâce à un Congrès chauffé à blanc.


Mis en ligne le 19 novembre 2014 à 06H41

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